L’Atelier Marseille 4-5

L’Atelier du 4-5 est une initiative portée par l’Observatoire des Villes en Transition, des Politiques et des Pratiques Alternatives (Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix Marseille Université-CNRS), pendant une durée de 3 ans (2022-23 à 2024-25). L’Atelier a pour vocation d’accueillir et de soutenir des pratiques pédagogiques et de recherche qui prennent les 4ème et 5ème arrondissement de Marseille comme site d’étude pour interroger le changement politique, social et urbain ; et de mettre ces travaux en dialogue avec le public (habitants et pouvoirs publics) pour favoriser la connaissance et l’action collectives. L’Atelier est indépendant, même s’il vise à travailler en partenariat avec des acteurs locaux (mairie de secteur, société civile).

Palais_Longchamp Marseille

SON OBJECTIF EST TRIPLE :

- pédagogique, par l’implication des étudiants dans la production, et la mise en débat des connaissances pertinentes pour l’action locale (publique ou collective) – dans un contexte où l’existence d’un partenariat et d’un projet pluriannuel permettra de s’appuyer sur les connaissances et les réseaux déjà construits.

- de recherche, où il s’agit de comprendre et de théoriser la conduite du « changement urbain ordinaire » : sa fabrique, ses opportunités, ses contraintes, ses modalités, ses limites. Le choix de thématiques de recherche pertinent pour les acteurs locaux, la mise en circulation et en débat des résultats, sur plusieurs années, sont une occasion d’observer cette fabrique.

- une forme d’appui à l’action publique ou collective locale, par la production de connaissances appliquées et critiques sur l’action collective et les transformations urbaines locales, leur diffusion et leur mise en débat, entre chercheurs et étudiants, société civile, élus et agents territoriaux.

QU'EST-CE QU'UN "ATELIER" ?

L’idée de l’atelier est de concentrer une recherche et un enseignement multidisciplinaires sur un espace urbain local (le 4-5) pendant plusieurs années, afin de construire sur le temps d’une mandature une connaissance fine du territoire, des acteurs (publics, collectifs & associatifs), des institutions et instruments d’aménagement et d’action collective qui s’y déploient. Il suppose deux principes :

- La production de connaissances (par les étudiants avec leurs enseignants, par les chercheurs) est réfléchie en amont avec les acteurs locaux, et intègre des formes de restitution au public ou à des groupes ciblés (élus locaux, agents municipaux, associations) – afin d’enrichir le débat collectif. Autrement dit, une forme de restitution doit explicitement faire partie des travaux d’étudiants / de recherche, sous un format adapté : à la nature de l’objet, de ses publics et aux modalités de sa mise en débat, mais aussi au niveau des étudiants, au temps de l’enquête, à leur discipline, à l’importance du projet Atelier dans le module.

- Les connaissances produites sont autant que possible mises en circulation et libres d’accès, afin de construire une archive publique sur laquelle approfondir la production collective de connaissances, mais aussi permettre le débat et la réflexion collective. Cette publicisation des connaissances exige un important travail d’édition et de consolidation (pour les meilleurs travaux d’étudiants), réalisé par les enseignants et/ou les coordinateurs de l’Atelier, et leur publication, sous format adapté, sur divers média (site web et autres plateformes grand public ; newsletters locales ; revues et événements scientifiques).

Pour ce faire, un accompagnement en soutien des cours/ projets abrités par l’Atelier est proposé par les coordinateurs – données de contexte, thèmes potentiels pertinents, contacts, formes de restitution possibles, aide à l’édition et la valorisation des travaux (à terme, un petit budget pour les événements de restitution). Tout projet, du plus léger (observation et courte enquête, dossier statistique, niveau L1) au plus construit (Master, doctorat ou projet de recherche) peut y trouver sa place - depuis toute institution d’enseignement supérieur intéressé à y participer, dans le respect des principes énoncés ci-dessus.

LE SECTEUR DU 4-5 A MARSEILLE

Le choix du 4-5ème arrondissements de Marseille repose d’abord sur l’existence de liens avec des élus et des associations du secteur, qui rendent pertinent l’exercice de cette recherche engagée. L’intérêt de cet espace pour un Atelier est double :

- C’est un secteur socialement diversifié, recouvrant des quartiers de classes moyennes au sud (Baille, Conception), des quartiers en voie de gentrification (Camas, Cinq Avenues), et des quartiers plus populaires au nord et à l’est (Saint-Pierre, Blancarde, Chartreux, Chutes Lavie). Il inclut quelques grands équipements, parfois enjeux d’interventions locales : le Parc Longchamp, la gare de la Blancarde, l’Hopital de la Timone, le débouché du canal de Marseille.

- Ce secteur, un des piliers électoraux du Printemps Marseillais, est dirigé par Didier Jau (EELV). La mairie ambitionne d’y mener des projets pilotes de la transition, en termes d’amélioration du cadre de vie, de végétalisation, de désimperméabilisation des sols, d’économie sociale et solidaire, de cohésion sociale et de démocratie locale.

L’idée pour les enseignants-chercheurs est de travailler sur la fabrique des transitions « ordinaires », dans un quartier socialement mixte, menées par une équipe municipale volontariste et un tissu associatif actif, agissant sur les espaces et les pratiques du quotidien davantage que par grands projets.

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Thématiques de recherche 2022-23
Pour la première année, l’Atelier envisage les 4 grands thématiques suivantes (à discuter entre enseignants-chercheurs participants et avec les partenaires de l’atelier) :

Espaces Publics, Mixité Sociale, Transition Ecologique, et Démocratie Locale

Coordinateurs :
Claire Bénit-Gbaffou est maître de conférences en urbanisme, Département de Géographie Aménagement Environnement, Aix Marseillle Université ; et chercheur au MESOPOLHIS (CNRS-Sciences Po-AMU). Elle a une longue expérience de la recherche collective et participative, ayant coordonné plusieurs types de partenariats similaires à Johannesburg, depuis l’Université de Wits, comme le Yeoville Studio (www.wits.ac.za/yeovillestudio), ou le partenariat avec l’agence municipale des Parcs et Jardins à Johannesburg.

Cesare Mattina est maître de conférences en Sociologie, Aix Marseille Université, et chercheur au MESOPOLHIS (CNRS-Sciences Po-AMU). Il a longtemps travaillé sur Marseille, à travers une approche localisée du politique (clientélisme, gouvernement de la ville, élus locaux), et où il développe depuis plusieurs années des ateliers de terrain avec les étudiants de licence et de Master.

Etienne Ballan, sociologue et urbaniste, est enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage (ENSP) à Marseille. Il coordonne depuis plusieurs années des ateliers dans le secteur du 4-5 avec ses étudiants de Master. Cofondateur de l’association Arènes à Marseille, Président de la Commission Particulière du Débat Public (CPDP), il a une grande expérience de la conduite du changement urbain, de la transition écologique et de la démocratie participative, à Marseille et ailleurs.