Journée d'études-table ronde en l'honneur d'André Donzel (partie 2) : « Sociologies urbaines marxistes françaises »

26juin9 h 30 min18 h 00 min9 h 30 min - 18 h 00 min Journée d'études-table ronde en l'honneur d'André Donzel (partie 2) : « Sociologies urbaines marxistes françaises »

Détails

Vendredi 26 juin 2026 | 9h30 – 18h | Institut méditerranéen de la ville et des territoires (2 Place Jules Guesde, 13003 Marseille)

« Sociologies urbaines marxistes françaises ».
Cheminements, mises en perspective et héritages dans leurs applications au local

Cette journée est organisée par l’axe 4 « Dynamiques socio-spatiales, mobilisations politiques » et l’axe transversal « Études urbaines » du MESOPOLHIS, en collaboration avec le laboratoire LIEU de l’IMVT et la laboratoire LAVUE de l’Université Paris 8.

Elle portera sur l’histoire, les développements et les perspectives des sociologies urbaines marxistes françaises voire de celle qui a été définie comme étant une « école française de sociologie urbaine ».

Il s’agit de la deuxième des deux occasions de mise à l’honneur d’André Donzel. La première s’est tenue le 18 décembre 2025 : plus d’informations ici.


Cette journée de table ronde propose de revenir sur l’histoire, les développements et les perspectives des sociologies urbaines marxistes françaises des années 1970-1980 voire de celle qui a été définie comme étant une « école française de sociologie urbaine »[1].

Elle nous donne l’opportunité de revisiter cette tradition sociologique s’étant développée sous la plume d’auteurs travaillant sur des espaces urbains ou métropolitains comme Dunkerque, Lyon ou Paris (Manuel Castells, Francis Godard, Jean Lojkine, etc.) ou sur la métropole marseillaise (Alain Chenu, Danielle Bleitrach et Jean Lojkine ayant écrit un très intéressant ouvrage d’inspiration gramscienne comparant Lille et Marseille[2], André Donzel, Paul Bouffartigue). Cette tradition sociologique a mis en avant le rôle du capitalisme monopolistique d’État dans la production urbaine d’espaces métropolitains (comme Dunkerque)[3]. Elle a souligné la base idéologique de la construction des hiérarchies urbaines autour des nouvelles industries. Mais tout en ayant l’intention, dans le socle classique de la tradition marxiste, de mettre en exergue la prévalence de l’infrastructure économique sur le pouvoir politique, cette sociologie urbaine a fini par rencontrer et décrire assez finement le niveau de la politique locale et des groupes sociaux localisés (ce qu’elle appelle les « fractions de classe »). Elle a tout aussi probablement produit des résultats contredisant les présupposés initiaux fortement idéologiques et par moment dogmatiques, devenant paradoxalement plus intéressante qu’au départ. Mais en dépit de certaines reniements de cette entreprise intellectuelle que l’on retrouve par un auteur central de cette tradition comme Manuel Castells[4], nous pensons qu’il aurait été possible de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain et de tenir ensemble l’analyse des stratégies spatiales des entreprises capitalistes avec un travail fin à l’échelle urbaine sur le rôle des groupes sociaux, des politiques urbaines et de scènes politiques locales. Cette journée représente également une opportunité de se plonger dans l’histoire intellectuelle des croisements et des controverses avec la pensée à la fois philosophique et sociologique d’Henri Lefebvre sur la ville et l’urbain. Ce filon de filiation lefebvrienne est désormais devenu fort influent dans le champ des études urbaines anglophones alors qu’en France on constate malgré des changements récents[5], un certain retard sur l’analyse de cet auteur et de son héritage.

Après l’éclatement, dès la deuxième année des années 1980, de ces sociologies urbaines marxistes françaises en plusieurs directions parfois divergentes (observation du changement social – OCS -, gouvernance urbaine et métropolitaine, filiations de la tradition sociologique de Chicago, analyse des cultures urbaines, etc.) que reste-il aujourd’hui ? Quel bilan et quel inventaire peut-on faire de ces sociologies urbaines marxistes françaises ? Est-ce que la perspective néo-marxiste est quasi uniquement destinée à une dimension macrosociologique et structurelle « par le haut » comme celles de certains travaux de la géographie radicale étatsunienne (David Harvey, Neil Smith, etc.) ou bien peut-elle se décliner tout aussi à une échelle méso ou micro ? Comment une sociologie des groupes sociaux d’inspiration gramscienne et néo-wébérienne s’articule-t-elle avec les sociologies urbaines marxistes, suivant en cela le chantier d’une économie politique sociologisée conjuguant mutations du capitalisme urbain et transformations du Statehood ?


[1] https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-topalov.pdf.

[2] Danielle Bleitrach, Jean Lojkine, Ernest Oary, Roland Delacroix, Christian Mahieu, 1981, Classe ouvrière et social-démocratie : Lille et Marseille, Paris Éditions sociales.

[3] Manuel Castells, Francis Godard, 1974, Monopolville. Analyse des rapports entre l’entreprise, l’État et l’urbain à partir d’une enquête sur la croissance industrielle et urbaine de la région de Dunkerque, Paris, Moutons ; Paul Boccara, 1974, Étude sur le capitalisme monopoliste d’État, sa crise et son issue, Paris, Ed. Sociales.

[4] Géraldine Pflieger, 2006, De la ville aux réseaux. Dialogues avec Manuel Castells, Lausanne, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes.

[5] 4e colloque du Réseau international d’études sur la production de l’espace (RIEPE), « La production de l’espace au XXIe siècle. Luttes de pouvoir, pouvoirs des luttes », 26 juin 2023, Lyon et Saint-Etienne


Au programme :

Ouverture : 9h

Introduction générale : 9h20 (Cesare Mattina, Claire Bénit et Nicolas Maisetti)

Table ronde, partie I : 10h-12h

« Histoire et pratiques des sociologies urbaines marxistes françaises dans les années 1970 »

Table ronde, partie II : 13h45 -15h45

« Quelles lectures et quelles trajectoires des sociologies urbaines marxistes dans les années 1990-2000 ? »

Pause

Table ronde, partie III : 15h45-17h45

« Mises en perspective et mobilisation des concepts des sociologies urbaines marxistes »

Conclusion : 17h45 – 18h


Programme détaillé :

I – Table ronde animée par Cesare Mattina et Sylvie Chiousse (MESOPOLHIS)

« Histoire et pratiques localisées des sociologies urbaines marxistes françaises dans les années 1970 »

Section sur les grands témoins de l’application au local des travaux marxistes dans les années 1970 : relectures d’auteurs, d’expériences de recherche et de cheminements intellectuels, mobilisations au local de certains concepts marxistes, éloignements de certains crédos marxistes initiaux, retour sur les querelles entre M. Castells et H. Lefebvre, lien entre militantisme politique et filons intellectuels du marxisme (marxien/engelsien, althussérien, foucaldien ?, castellsien), rôle des financements des enquêtes par les ministères

André Donzel, Ancien Chargé de Recherche CNRS au Laboratoire Méditerranéen de sociologie d’Aix-en-Provence (adzl[at]gmail.com)

Paul Bouffartigue, Directeur de Recherche CNRS émérite au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du travail (LEST) (paul.bouffartigue[at]univ-amu.fr)

André Bruston, Ancien responsable des Sciences sociales au ministère de la Recherche et de la Technologie, Secrétaire permanent du Plan urbain et sous directeur des politiques nationales d’aménagement au ministère de l’Équipement ;dans les années 1980, conseiller au Plan Urbain; puis Conseiller scientifique du Ministère de la Ville (andre.bruston[at]laposte.net)

II – Table ronde animée par Nicolas Maisetti (LAVUE) et Marida Borrello (LIEU)

« Quelles lectures et quelles trajectoires des sociologies urbaines marxistes dans les années 1990-2000 ?

Section de la table ronde à la fois sur l’éparpillement des sociologues urbaines marxistes dans plusieurs directions (culture urbaine et reconnexion avec la tradition sociologique de Chicago, gouvernance, observation du changement social, filons lefebvriens du droit à la ville, etc.). Quels cheminements ? Quels héritages dans les années 1990-2000 et plus tard ? Qu’est-ce qui continue, à cette époque d’être fructueux dans les concepts mobilisés et mobilisables de la sociologie urbaine marxiste française ?

Patrick Le Galès, Directeur de recherche CNRS, science po Paris (patrick.legales[at]sciencespo.fr)

Hélène Reigner, Enseignant/chercheur, Professeure en aménagement/urbanisme, laboratoire Lieu (helene.reigner[at]univ-amu.fr)

Antonio Delfini, Sociologue indépendant (delfini.antonio.f[at]gmail.com)

Simon Le Roulley, Enseignant/chercheur en sciences de l’éducation à l’ISMEE (Laboratoire de recherche Interdisciplinaire sur les Socialisations, les Marges, l’Éducation et l’Expérience) de l’Université Sorbonne Paris Nord (simon.leroulley[at]gmail.com)

III – table ronde animée par Claire Bénit (MESOPOLHIS) et Lina Raad (LIEU)

« Mises en perspective et mobilisation des concepts des sociologies urbaines marxistes »

Section sur comment certains chercheurs, jeunes et moins jeunes, de sciences sociales se sont confrontés aux sociologies urbaines marxistes françaises et comment mobilisent-ils ses concepts à différentes échelles ? Quel devoir d’inventaires , Quels prolongements ? Quels liens tisser entre analyses macrosociologiques et structurelles, analyses mésosociologiques et microsociologique ? Comment on utilise et mobilise les concepts de la sociologie urbaine marxiste (production urbaine, ségrégation, fractions de classe, idéologie, droit à la ville, etc.) dans des analyses localisées aujourd’hui ? Comment tenir ensemble des analyses structurelles des cycles du profit des acteurs du capitalisme urbain, qui peuvent souvent paraît surplombantes, avec des analyses plus fines de terrains et des démarches ethnographiques

Mathilde Jourdam-Boutin, Post-doctorante en géographie, MESOPOLHIS/Aix-Marseille université (mathilde.jourdam[at]univ-amu.fr)

Edmond Préteceille, Directeur de recherche émérite au CNRS, Sciences Po Paris (edmond.preteceille[at]sciencespo.fr)

Christelle Morel-Journel, Enseignante/chercheuse en aménagement du territoire à l’EVS (environnement, ville société) de l’Université de Saint-Etienne (christelle.morel.journel[at]univ-st-etienne.fr)

Ivana Socoloff, Enseignante/chercheuse en sociologie à l’Institut d’études latino-américaines et caribéennes de l’Université de Buenos Aires (IEALC-UBA) et membre du Conseil national de la recherche en Argentine (CONICET) (ivisoc[at]gmail.com)

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Horaire

26 juin 2026 9 h 30 min - 18 h 00 min