{"id":32861,"date":"2023-03-06T16:53:03","date_gmt":"2023-03-06T15:53:03","guid":{"rendered":"https:\/\/mesopolhis.fr\/?page_id=32861"},"modified":"2023-03-07T09:22:03","modified_gmt":"2023-03-07T08:22:03","slug":"proclimex-seminars","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/mesopolhis.fr\/en\/proclimex-seminars\/","title":{"rendered":"Proclimex seminars"},"content":{"rendered":"\n\n\t<a href=\"https:\/\/mesopolhis.fr\/\">Accueil<\/a> &raquo; Les s\u00e9minaires Proclimex<h2>\n\t\tLES SEMINAIRES PROCLIMEX\/ALCOM\n\t<\/h2>\n\t<h3><strong>S\u00e9ance n\u00b06 du Cycle de s\u00e9minaires \u00ab L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire \u00bb du programme ANR PROCLIMEX et du programme ALCOM &#8211; <\/strong><strong>Laboratoire d&rsquo;innovations juridiques: les proc\u00e8s climatiques d&rsquo;Am\u00e9rique du Sud\u00a0<\/strong><\/h3>\n<p>Le 1er f\u00e9vrier 2023 de 15h30 \u00e0 18h30 avec :<\/p>\n<ul>\n<li>Fernanda de Salles Cavedon, Postdoctoral Fellow, Expert in HR, Disaster Risk Reduction, Climate Change, Human Mobility.\u00a0<em><strong>Tendances du contentieux climatique en Am\u00e9rique du Sud\u00a0: droit de la nature et \u00e9cologisation des droits humains<\/strong><\/em><\/li>\n<li><strong>Gonzalo Sozzo<\/strong>, Professeur \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 du littoral de Santa Fe, <strong><em>Les contentieux climatiques en Argentine<\/em><\/strong><\/li>\n<li><strong>Julia Neiva<\/strong>, Directrice adjointe de l&rsquo;ONG Conectas Direitos Humanos, <em><strong>Les proc\u00e8s sur le financement climatique au Br\u00e9sil (jugement PSB et al. c Br\u00e9sil et le recours contre la banque de d\u00e9veloppement br\u00e9silienne)<\/strong><\/em><\/li>\n<li><strong>Angela Schembri Pena<\/strong>, Doctorante \u00e0 la Pontificia Universidad Javeriana et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne, <em><strong>Les proc\u00e8s climatiques et les entreprises en Am\u00e9rique du Sud<\/strong><\/em><\/li>\n<li><strong>Natalia Castro Ni\u00f1o<\/strong>, Avocate \u00e0 la Cour interam\u00e9ricaine des droits de l&rsquo;homme et professeure de l&rsquo;Universidad Externado de Colombia,\u00a0<em><strong>Le contentieux climatique et la jurisprudence de la Cour interam\u00e9ricaine des droits de l&rsquo;Homme<\/strong><\/em><\/li>\n<\/ul>\n\t<h3><strong>S\u00e9ance n\u00b05 du Cycle de s\u00e9minaires \u00ab L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire \u00bb du programme ANR PROCLIMEX et du programme ALCOM &#8211; Jugements des Cours supr\u00eames et autres recours climatiques en instance<\/strong><\/h3>\n<p>Le 30 novembre 2022<\/p>\n<p>Organis\u00e9 par la Professeure de droit public <strong>Christel COURNIL<\/strong>, ce s\u00e9minaire a r\u00e9uni trois intervenants\u00a0: <strong>Mathilde Boutonnet<\/strong>, Professeure de droit, Universit\u00e9 Aix-Marseille ; <strong>Ivano Alogna<\/strong>,\u00a0<em>Research Leader in Environmental and Climate Change Law, British Institute of International and Comparative Law<\/em>\u00a0; <strong>Filippo P. Fantozzi<\/strong>,\u00a0<em>Legal Associate, Climate Litigation Network.<\/em><\/p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" title=\"Session 5 - Jugements des Cours supr\u00eames et autres recours climatiques en instance\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/O2LVl8SI3eI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n\t<h3><strong><em>I.<\/em>\u00a0<em>La d\u00e9cision \u00ab\u00a0West Virginia v. EPA\u00a0\u00bb de la Cour Supr\u00eame am\u00e9ricaine<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cadre de son intervention, la Professeure Mathilde Boutonnet revient sur la d\u00e9cision\u00a0<em>\u00ab<\/em>\u00a0<em>West Virginia v. EPA\u00a0\u00bb<\/em>[1] de la Cour Supr\u00eame am\u00e9ricaine, rendue le 30 juin. Cette d\u00e9cision s&rsquo;inscrit dans le mouvement des proc\u00e8s climatiques n\u00e9 aux Etats-Unis avec l&rsquo;affaire\u00a0<em>\u00ab\u00a0Massachussetts v. EPA\u00a0\u00bb<strong>[2]<\/strong>.<\/em>\u00a0Ce mouvement de proc\u00e8s oscille entre deux grandes tendances, l&rsquo;une consistant \u00e0 aller devant les juges pour qu&rsquo;ils imposent des mesures permettant de renforcer la lutte contre le changement climatique et l&rsquo;autre ayant vocation \u00e0 contester les mesures prises pour lutter contre le changement climatique. L&rsquo;affaire\u00a0<em>\u00ab\u00a0West Virginia v. EPA\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>s&rsquo;inscrit dans cette seconde tendance, \u00e0 travers un litige \u00e0 l&rsquo;encontre des mesures adopt\u00e9es par l&rsquo;Agence F\u00e9d\u00e9rale Environnementale (EPA) qui \u00e9taient destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9guler le secteur \u00e9nerg\u00e9tique et \u00e0 op\u00e9rer un r\u00e9el changement de mod\u00e8le \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>La question pos\u00e9e \u00e0 la Cour Supr\u00eame dans le cadre de l&rsquo;affaire\u00a0<em>\u00ab\u00a0West Virginia v. EPA\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0consistait \u00e0 savoir si l&rsquo;Agence F\u00e9d\u00e9rale avait comp\u00e9tence pour adopter un plan conduisant \u00e0 op\u00e9rer ce changement \u00e9nerg\u00e9tique. Dans cette d\u00e9cision, l&rsquo;opinion majoritaire r\u00e9pond d\u00e9favorablement. Par une interpr\u00e9tation extr\u00eamement lib\u00e9rale de la Constitution am\u00e9ricaine, la Cour pr\u00e9cise que, bien que le plan n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9, les Etats et entreprises demandeurs ont un int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir. La Professeure Mathilde Boutonnet souligne ainsi que l&rsquo;examen de la recevabilit\u00e9 de l&rsquo;action constitue un moment cl\u00e9 dans les proc\u00e8s climatiques am\u00e9ricains, d\u00e8s lors que cet examen peut permettre aux juges de limiter la politique de lutte contre le changement climatique.<\/p>\n<p>En filigrane, cette d\u00e9cision prive l&rsquo;<em>EPA<\/em>\u00a0d&rsquo;une comp\u00e9tence opportune pour r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre et acc\u00e9l\u00e9rer la transition \u00e9nerg\u00e9tique. En refusant une telle comp\u00e9tence \u00e0 l&rsquo;<em>EPA<\/em>, la Cour se ferait en quelque sorte\u00a0<em>\u00ab\u00a0elle-m\u00eame d\u00e9cideuse de la politique climatique\u00a0\u00bb.<\/em>\u00a0Cette d\u00e9cision montre enfin comme la Cour est peu encline \u00e0 rendre des d\u00e9cisions futures favorables \u00e0 cette transition.<\/p>\n<h3><em><strong>II. Le jugement de la Haute Cour Britannique sur la strat\u00e9gie Net Z\u00e9ro<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>Dans son intervention, le chercheur Ivano Alogna pr\u00e9sente le jugement de la Haute Cour Britannique qu&rsquo;il qualifie de \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb sur la strat\u00e9gie Net Z\u00e9ro (2022)[3]. Dans sa d\u00e9cision, la Haute Cour a conclu que les plans du gouvernement britannique visant \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre \u00e9taient inad\u00e9quats et enfreignaient la l\u00e9gislation nationale. Trois plaintes distinctes ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es contre le gouvernement sur la base de la strat\u00e9gie Net Z\u00e9ro d&rsquo;ici 2050 adopt\u00e9e en octobre 2021 en vertu du\u00a0<em>\u00ab\u00a0Climate Change Act<\/em>\u00a0<em>\u00bb\u00a0<\/em>(2008). Cette loi obligeait le gouvernement britannique \u00e0 fixer et atteindre des objectifs juridiquement contraignants pour r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. La Cour a estim\u00e9 que la strat\u00e9gie Net Z\u00e9ro ne respectait pas les articles 13 et 14 du\u00a0<em>\u00ab\u00a0Climate Change Act<\/em>\u00a0<em>\u00bb.<\/em>\u00a0Les requ\u00e9rants ont obtenu un jugement d\u00e9claratoire obligeant le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat britannique \u00e0 d\u00e9poser un nouveau rapport. Au-del\u00e0 de constituer une conclusion d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 relative \u00e0 la strat\u00e9gie gouvernementale, cette affaire montre qu&rsquo;une loi climatique peut \u00eatre appliqu\u00e9e par le biais du syst\u00e8me judiciaire si le gouvernement ne respecte pas ses obligations l\u00e9gales.<\/p>\n<h3><em><strong>III. L&rsquo;affaire Italienne \u00ab\u00a0Giudizio Universale\u00a0\u00bb<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>L&rsquo;action italienne\u00a0<em>\u00ab\u00a0Giudizio Universale\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0\u00e9tant encore en cours d&rsquo;instance, Filippo P. Fantozzi propose de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la philosophie g\u00e9n\u00e9rale de la cause \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;action en justice, aux faits qui justifient cette action, aux fondements juridiques du recours et \u00e0 ses d\u00e9veloppements possibles.<\/p>\n<p>Cette action, d\u00e9pos\u00e9e aupr\u00e8s du Tribunal civil de Rome en juin 2021, a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans le cadre d&rsquo;une campagne de sensibilisation connue sous les noms de<em>\u00a0\u00ab\u00a0jugement universel\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0et d&rsquo;<em>\u00ab\u00a0affaire du si\u00e8cle\u00a0\u00bb.<\/em>\u00a0Elle s&rsquo;inscrit ainsi dans le ph\u00e9nom\u00e8ne du contentieux climatique men\u00e9 \u00e0 travers le monde. L&rsquo;action a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e par plus de deux-cent requ\u00e9rants comprenant notamment des r\u00e9sidents italiens, des enfants et des associations de protection de l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>Le litige met en cause la carence fautive structurelle de l&rsquo;Etat \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre en Italie, du fait d&rsquo;un engagement quasi-inexistant de politiques publiques adapt\u00e9es \u00e0 la crise climatique. L&rsquo;action appuie que cette carence fautive entra\u00eene la violation de nombreux droits humains. Filippo P. Fantozzi souligne enfin que, dans l&rsquo;attente d&rsquo;un jugement rendu par le Tribunal civil de Rome, cette action constitue une opportunit\u00e9 pour sensibiliser \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de demander des comptes au gouvernement en mati\u00e8re d&rsquo;inaction climatique.<\/p>\n<hr \/>\n<p>[1] Haute Cour de Justice administrative, Friends of the earth limited, ClienteEarth, Good Law Project and Joanna Wheatley v. Secretary Of State For Business energy and industrial Strategy, n\u00b0 CO\/126\/2022, CO\/163\/2022, CO\/199\/2022, 18 juillet 2022<\/p>\n<p>[2] Supr\u00eame Cour des Etats-Unis,\u00a0<em>West Virginia et al. v. Environmental Protection Agency (EPA<\/em>) et al., No. 20-1530, 30 juin 2022<\/p>\n<p>[3] Supr\u00eame Cour des Etats-Unis,\u00a0<em>Massachusetts v. EPA<\/em>, 549 U.S. 497, 2 avril 2007<\/p>\n\t<h3><strong>S\u00e9ance n\u00b04 du Cycle de s\u00e9minaires \u00ab L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire \u00bb du programme ANR PROCLIMEX et du programme ALCOM &#8211; Fabrique des expertises au service de la justice climatique<\/strong><\/h3>\n<p>Le 21 novembre 2022<\/p>\n<p>Organis\u00e9 par la Professeure de droit public <strong>Christel COURNIL<\/strong>, ce s\u00e9minaire a r\u00e9uni quatre intervenants\u00a0: <strong>Kari De Pryck<\/strong>, Maitresse assistante, Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, Institut des Sciences de l&rsquo;Environnement (GEDT)\u00a0; <strong>Julien B\u00e9taille<\/strong>, Ma\u00eetre de conf\u00e9rences en droit public, Universit\u00e9 Toulouse 1 Capitole, Membre de l&rsquo;Institut universitaire de France ; <strong>Yann Robiou du Pont<\/strong>, Climate policy analyst, advisor on climate litigation\u00a0; <strong>V\u00e9ronique Boillet<\/strong>, Professeure associ\u00e9e en droit public, Universit\u00e9 de Lausanne.<\/p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" title=\"Session 4 - Fabrique des expertises au service de la justice climatique\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/7pDrVcYWHnM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n\t<h3><em><strong>I. Du r\u00f4le du GIEC, de la d\u00e9politisation des enjeux climatiques \u00e0 un instrument strat\u00e9gique au service de la justice climatique\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>Etabli en 1988 sous les auspices du PNUE et de l&rsquo;OMM, Kari De Pryck rappelle que le GIEC est pr\u00e9sent\u00e9 comme une organisation scientifique et intergouvernementale. Con\u00e7u comme une innovation institutionnelle, le GIEC propose un premier rapport en 1990 qui posera les fondations de la CCNUCC. Le GIEC produit des rapports complets et leurs r\u00e9sum\u00e9s \u00e0 l&rsquo;intention des d\u00e9cideurs (RIS) tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment n\u00e9goci\u00e9s par les Etats membres du GIEC. Contrairement aux rapports complets r\u00e9dig\u00e9s par les auteurs, les RIS repr\u00e9sentent alors le consensus entre les Etats membres sur l&rsquo;\u00e9tat des connaissances relatives au changement climatique. Si rien ne peut \u00eatre ajout\u00e9 sans l&rsquo;accord des auteurs, les Etats membres peuvent d\u00e9cider de supprimer certains \u00e9nonc\u00e9s. Les RIS ne sont pas contraignants mais sont per\u00e7us par les Etats comme poss\u00e9dant une certaine force contraignante. Ils pr\u00e9sentent une compr\u00e9hension d\u00e9politis\u00e9e et d\u00e9contextualis\u00e9e du changement climatique car ils doivent refl\u00e9ter l&rsquo;ensemble des int\u00e9r\u00eats des Etats.<\/p>\n<p>Kari De Pryck s&#8217;emploie \u00e0 d\u00e9montrer que le GIEC pr\u00e9sente avant tout le probl\u00e8me climatique comme un probl\u00e8me global, scientifique et technique alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit davantage d&rsquo;un probl\u00e8me politique, social et \u00e9conomique avec de forts enjeux d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s. Des changements sont n\u00e9anmoins op\u00e9r\u00e9s en ce sens avec l&rsquo;arriv\u00e9e au GIEC de membres en sciences sociales. Les conclusions du GIEC figurent largement dans le contentieux climatique[1] dans le cadre duquel l&rsquo;organisation est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme refl\u00e9tant le consensus scientifique international. Pourtant, les rapports du GIEC sont issus de compromis, de consensus et de jugements d&rsquo;experts susceptibles d&rsquo;\u00e9volution en fonction des experts appel\u00e9s \u00e0 produire les rapports.<\/p>\n<h3><em><strong>II.<\/strong><\/em>\u00a0<em><strong>La recherche juridique dans le 6\u00e8me rapport du GIEC<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>Interpel\u00e9 par la place nouvellement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 une section juridique dans le 6<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0rapport du GIEC, Julien B\u00e9taille a tent\u00e9 d&rsquo;examiner l&rsquo;utilisation de la recherche juridique par le GIEC. Il s&rsquo;agit de comprendre comment le GIEC utilise et synth\u00e9tise les recherches juridiques en mati\u00e8re climatique. Pour ce faire, Julien B\u00e9taille pr\u00e9sente et analyse sa base de donn\u00e9es qui porte sur vingt-huit \u00e9tudes cit\u00e9es par le GIEC. Si la plupart des \u00e9tudes sont publi\u00e9es dans des revues scientifiques, la majorit\u00e9 de ces \u00e9tudes ne comportent aucun juriste parmi les auteurs. Il s&rsquo;agit en grande majorit\u00e9 d&rsquo;\u00e9tude empiriques et non doctrinales, avec des statistiques purement descriptives. Il semble \u00e9galement exister une r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e entre les \u00e9tudes fond\u00e9es sur des donn\u00e9es qualitatives et celles fond\u00e9es sur des donn\u00e9es quantitatives. Julien B\u00e9taille s&#8217;emploie enfin \u00e0 critiquer le manque d&rsquo;approche syst\u00e9matique dans les \u00e9tudes juridiques doctrinales.<\/p>\n<h3><em><strong>III.<\/strong><\/em>\u00a0<strong><em>La fabrique de la preuve scientifique au pr\u00e9toire : retour sur les pr\u00e9sentations des trajectoires de r\u00e9duction les plus \u00e9quitables aux juges<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cadre de sa contribution, Yann Robiou du Pont s&rsquo;int\u00e9resse d&rsquo;abord \u00e0 la mani\u00e8re dont l&rsquo;ambition et l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 sont quantifi\u00e9es dans les demandes de la CCNUCC envers les Etats, en mati\u00e8re de r\u00e9duction de gaz \u00e0 effet de serre. D&rsquo;autre part, il se penche sur la mani\u00e8re dont le partage de l&rsquo;effort de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre est utilis\u00e9 par les cours\u00a0de justice.<\/p>\n<p>En effet, diff\u00e9rents principes d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 sont corrobor\u00e9s par les \u00e9tudes du GIEC et la quantification \u00e9quitable de la r\u00e9duction d&rsquo;\u00e9missions par pays \u00e0 horizon 2030 est analys\u00e9e selon diff\u00e9rents crit\u00e8res d&rsquo;\u00e9quit\u00e9. Yann Robiou du Pont souligne notamment que si chaque pays visait,\u00a0<em>selon la fa\u00e7on qui l&rsquo;arrange,\u00a0<\/em>\u00e0 limiter \u00e0 2\u00b0C le r\u00e9chauffement plan\u00e9taire tel qu&rsquo;inscrit dans l&rsquo;Accord de Paris, cette temp\u00e9rature plan\u00e9taire serait d\u00e9pass\u00e9e au niveau mondial. Cette constatation a notamment permis de justifier un recours direct devant la CourEDH, selon un argument pr\u00e9cis\u00a0: une multiplication de d\u00e9cisions nationales imposant aux Etats d&rsquo;effectuer le minimum pour limiter le r\u00e9chauffement plan\u00e9taire ne suffirait pas \u00e0 consid\u00e9rer que les Etats partagent \u00e9quitablement l&rsquo;effort de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre.<\/p>\n<h3><em><strong>IV.\u00a0<\/strong><\/em><strong><em>Produire une doxa : l&rsquo;amicus curiae des acad\u00e9miques dans le proc\u00e8s suisse \u00e0 Strasbourg<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>V\u00e9ronique Boillet pr\u00e9sente la requ\u00eate de l&rsquo;association des A\u00een\u00e9es pour le climat[2] qui, en leur qualit\u00e9 de femmes \u00e2g\u00e9es particuli\u00e8rement touch\u00e9es par le r\u00e9chauffement climatique, ont enjoint le gouvernement suisse \u00e0 prendre toutes les mesures n\u00e9cessaires dans leur domaine de comp\u00e9tence pour r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. D\u00e9bout\u00e9es en premi\u00e8re et deuxi\u00e8me instances, les requ\u00e9rantes ont form\u00e9 un recours devant la CourEDH, soutenues par plusieurs interventions. Dans le cadre de son \u00e9tude, V\u00e9ronique Boillet observe six types d&rsquo;interventions devant la CourEDH\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>les Etats dans les litiges opposant l&rsquo;un de leurs ressortissants \u00e0 un autre Etat contractant\u00a0;<\/li>\n<li>les Etats lorsque leur ordre juridique sera affect\u00e9 par l&rsquo;issue d&rsquo;une affaire\u00a0;<\/li>\n<li>les interventions d&rsquo;autres institutions internationales comp\u00e9tentes dans le domaine en cause\u00a0;<\/li>\n<li>les interventions des institutions nationales des droits de l&rsquo;homme\u00a0;<\/li>\n<li>les interventions des ONG\u00a0;<\/li>\n<li>les interventions universitaires.<\/li>\n<\/ul>\n<p>V\u00e9ronique Boillet observe \u00e9galement une diversit\u00e9 d&rsquo;objets des interventions, \u00e0 savoir\u00a0: l&rsquo;apport d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments statistiques et de donn\u00e9es scientifiques, la pr\u00e9sentation du droit international pertinent \u00e0 la lumi\u00e8re des interpr\u00e9tations d&rsquo;autres cours internationales, la pr\u00e9sentation de la jurisprudence de la CourEDH et la pr\u00e9sentation du droit compar\u00e9 et national pertinents. En principe, la Cour accueille favorablement et prend en consid\u00e9ration ces interventions dans l&rsquo;id\u00e9e de promouvoir un dialogue avec les diff\u00e9rents acteurs pour enrichir ses d\u00e9lib\u00e9rations. L&rsquo;intervention men\u00e9e par V\u00e9ronique Boillet et Evelyne Schmid aupr\u00e8s de la CourEDH dans l&rsquo;affaire des A\u00een\u00e9es pour le climat a \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par l&rsquo;absence de caract\u00e8re convaincant de l&rsquo;argumentation juridique des autorit\u00e9s judiciaires suisses. Cette intervention poursuit l&rsquo;objectif de contextualiser les jugements suisses. Elle a \u00e9t\u00e9 orient\u00e9e sur des probl\u00e9matiques particuli\u00e8rement li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;argumentation d\u00e9velopp\u00e9e par les autorit\u00e9s nationales (la qualit\u00e9 de victime, la sp\u00e9cificit\u00e9 du syst\u00e8me politique suisse et sa d\u00e9mocratie semi-directe).<\/p>\n<hr \/>\n<p>[1] Requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e le 26 novembre 2020 devant la Cour EDH, dans l&rsquo;affaire Association A\u00een\u00e9es pour la protection du climat c. Suisse<\/p>\n<p>[2] Cour du District de La Haye, Fondation Urgenda contre Pays-Bas, 24 juin 2015<\/p>\n\t<h3><strong>S\u00e9ance n\u00b03 du Cycle de s\u00e9minaires \u00ab L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire \u00bb du programme ANR PROCLIMEX et du programme ALCOM &#8211; Les enfants et jeunes plaignants au pr\u00e9toire face \u00e0 l&rsquo;urgence \u00e9cologique<\/strong><\/h3>\n<p>Le 30 septembre 2022<\/p>\n<p>Organis\u00e9 par la Professeure de droit public <strong>Christel COURNIL<\/strong>, ce s\u00e9minaire a r\u00e9uni six intervenants\u00a0: <strong>S\u00e9bastien Jodoin<\/strong>, Associate Professor, McGill University, Paul Mougeolle Doctorant et juriste pour Notre affaire \u00e0 tous et Global Legal Action Network, <strong>Cl\u00e9mentine Baldon<\/strong> Avocate, <strong>H\u00e9l\u00e8ne Leleu<\/strong> Avocate, <strong>Laure-Marine Vioujard<\/strong> coordinatrice diplomatique World&rsquo;s Youth for Climate Justice (WYCJ) et <strong>\u00c9milie Gaillard<\/strong>,\u00a0Ma\u00eetresse de conf\u00e9rences en droit priv\u00e9, Sciences Po Rennes, Chaire Normandie pour la Paix.<\/p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" title=\"Session 3 - Les enfants et jeunes plaignants au pr\u00e9toire face \u00e0 l'urgence \u00e9cologique\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Zm5A_T0UV7Y?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n\t<h3><em>I.\u00a0<\/em><strong><em>Tendances et obstacles judiciaires des proc\u00e8s climatiques men\u00e9s par la jeunesse<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cadre de son intervention, le Professeur associ\u00e9 S\u00e9bastien Jodoin rappelle les causes de la particuli\u00e8re vuln\u00e9rabilit\u00e9 des enfants face au changement climatique, en revenant sur les facteurs d&rsquo;exposition, de sensibilit\u00e9 et de capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation. A travers une collecte et une analyse des politiques climatiques dans le monde, l&rsquo;intervenant pr\u00e9sente les groupes qui sont reconnus comme plus vuln\u00e9rables par les Etats. A ce titre, 74 Etats reconnaissent \u00e0 ce jour que les enfants sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables au changement climatique. Dans ce contexte, trente-et-une affaires climatiques domestiques dans le monde, dont deux affaires internationales, sont ax\u00e9es sur les droits des jeunes.<\/p>\n<p>Trois types d&rsquo;affaires peuvent \u00eatre identifi\u00e9s, premi\u00e8rement les cas dans lesquels les requ\u00e9rants plaident l&rsquo;insuffisance des efforts de r\u00e9duction des \u00e9missions de carbone et de respect des engagements climatiques et la menace qui en d\u00e9coule sur les droits des enfants. Le deuxi\u00e8me type d&rsquo;affaires est relatif aux efforts insuffisants de mise en \u0153uvre des mesures d&rsquo;att\u00e9nuation et d&rsquo;adaptation menant \u00e0 la violation des droits des enfants. Dans un troisi\u00e8me type d&rsquo;affaires, les jeunes requ\u00e9rants plaident une demande de contr\u00f4le judiciaire des approbations r\u00e9glementaires sp\u00e9cifiques qui devraient avoir des impacts climatiques dramatiques. Deux types d&rsquo;arguments sont principalement avanc\u00e9s par les requ\u00e9rants, d&rsquo;une l&rsquo;insuffisance des efforts de r\u00e9ductions des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre[1] et d&rsquo;autre part une obligation fiduciaire de l&rsquo;Etat de prot\u00e9ger les droits des jeunes face au changement climatique ainsi que le droit \u00e0 une atmosph\u00e8re stable[2]. Le Professeur associ\u00e9 S\u00e9bastien Jodoin pr\u00e9sente \u00e9galement les r\u00e9sultats des cas climatiques ax\u00e9s sur les droits des jeunes, avec une majorit\u00e9 de recours rejet\u00e9s pour manque de justiciabilit\u00e9 et de qualit\u00e9 pour agir.<\/p>\n<h3><em>II.\u00a0<\/em><strong><em>Le proc\u00e8s des \u00ab jeunes portugais \u00bb devant la Cour europ\u00e9enne des droits de l&rsquo;Homme<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Le doctorant et juriste Paul Mougeolle revient sur l&rsquo;affaire des jeunes portugais contre trente-trois Etats devant la CourEDH, son caract\u00e8re novateur \u00e0 plusieurs \u00e9gards et les \u00e9tapes proc\u00e9durales qui la composent depuis l&rsquo;introduction du recours le 7 septembre 2020. Dans le cadre de leur recours, les requ\u00e9rants font valoir des atteintes \u00e0 leur sant\u00e9, caus\u00e9es par des pics de chaleur, feux de for\u00eats, pollution et allerg\u00e8nes et anxi\u00e9t\u00e9 climatique avec une aggravation pr\u00e9vue par le changement climatique. Il revient sur les d\u00e9fis qui entourent l&rsquo;introduction de ce recours, \u00e0 savoir la condition d&rsquo;\u00e9puisement des voies de recours internes, la juridiction extraterritoriale et l&rsquo;applicabilit\u00e9 des articles de la ConventionEDH.<\/p>\n<h3><em>III.\u00a0<strong>Le combat des jeunes contre le Trait\u00e9 sur la Charte de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e0 Strasbourg<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>Dans le cadre de son intervention, l&rsquo;avocate Cl\u00e9mentine Baldon pr\u00e9sente le Trait\u00e9 sur la Charte de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e0 Strasbourg (1994) par lequel une cinquantaine d&rsquo;Etats europ\u00e9ens permettent aux investisseurs \u00e9trangers de leur pays d&rsquo;attaquer devant des tribunaux d&rsquo;arbitrage internationaux les pays signataires, dans le cas o\u00f9 la valeur de leur investissement serait impact\u00e9e par le droit national. Cl\u00e9mentine Baldon met notamment en lumi\u00e8re le m\u00e9canisme d\u00e9rogatoire du droit commun et tr\u00e8s puissant du R\u00e8glement des diff\u00e9rends investisseurs-Etats (RDIE) qui permet aux investisseurs \u00e9trangers de ne pas passer devant les juridictions nationales et de directement porter leur diff\u00e9rend devant des arbitres. Ces m\u00e9canismes ne pr\u00e9sentent pas les m\u00eames standards de protection de l&rsquo;Etat de droit (protection contre les conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats, ind\u00e9pendance des juges, double degr\u00e9 de juridiction, transparence&#8230;). Le TCE est vu comme un obstacle \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique en raison de l&rsquo;interpr\u00e9tation extensive de la notion d&rsquo;investisseur \u00e9tranger et des standards de protection, du montant consid\u00e9rable des indemnit\u00e9s, du pouvoir de dissuasion envers les Etats. Des jeunes requ\u00e9rants ont ainsi attaqu\u00e9 un certain nombre d&rsquo;Etats pour les contraindre \u00e0 lever certains obstacles \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique pr\u00e9sents dans le TCE.<\/p>\n<p>Une grande partie du raisonnement juridique de l&rsquo;action recoupe celui du recours des jeunes portugais, notamment les fondements juridiques de l&rsquo;action au titre des articles 2, 8, 14 et 3 de la ConventionEDH. Les requ\u00e9rants entendent \u00e9galement d\u00e9montrer que le TCE fait obstacle \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique, indispensable \u00e0 l&rsquo;atteinte des objectifs de l&rsquo;Accord de Paris. Ils demandent ainsi le retrait des Etats du TCE ou une v\u00e9ritable r\u00e9forme du trait\u00e9. Le recours fait face aux m\u00eames d\u00e9fis que l&rsquo;affaire Duarte Agostino mais pr\u00e9sente les particularit\u00e9s in\u00e9dites d&rsquo;opposer la ConventionEDH \u00e0 un autre trait\u00e9 et de d\u00e9montrer le \u00ab\u00a0<em>chilling effect<\/em>\u00a0\u00bb[3].<\/p>\n<h3><em>IV.\u00a0<strong>Pr\u00e9sentation du recours en inaction environnementale men\u00e9 par les parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves dr\u00f4mois et le collectif \u00ab Parents pour la plan\u00e8te \u00bb<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>L&rsquo;avocate H\u00e9l\u00e8ne Leleu revient sur le recours local exerc\u00e9 par un collectif de quarante-trois parents pour inaction climatique, devant le Tribunal administratif de Lyon. Les requ\u00e9rants sont des parents d&rsquo;enfants vivants dans la Dr\u00f4me particuli\u00e8rement inquiets pour la sant\u00e9 et l&rsquo;avenir de leurs enfants face au changement climatique. Ils ont men\u00e9 un recours contre le Pr\u00e9fet de la R\u00e9gion Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes et ses services, arguant qu&rsquo;ils ne mettaient pas suffisamment en \u0153uvre les comp\u00e9tences qu&rsquo;ils tiraient des textes et qu&rsquo;ils \u00e9taient \u00e0 ce titre responsables d&rsquo;une abstention particuli\u00e8rement pr\u00e9judiciable dans le contr\u00f4le de la protection de l&rsquo;environnement et les mesures prises face au changement climatique. L&rsquo;objet du recours est de d\u00e9montrer domaine par domaine, \u00e0 travers les cons\u00e9quences du changement climatique, en quoi l&rsquo;Etat ne m\u00e8ne pas les actions suffisantes pour y faire face. Les requ\u00e9rants font pr\u00e9cis\u00e9ment valoir les particularit\u00e9s locales de leur action, dans un d\u00e9partement particuli\u00e8rement affect\u00e9 par le changement climatique (gestion des eaux, feux de for\u00eats&#8230;).<\/p>\n<h3><em>V.\u00a0<strong>L&rsquo;activisme des jeunes pour une dema<\/strong><\/em><strong><em>nde<\/em><\/strong><\/h3>\nDans le cadre de leur intervention, Laure-Marine Vioujard et \u00c9milie Gaillard reviennent sur la campagne men\u00e9e entre 2011 et 2012 par l&rsquo;Etat de Palau pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats et l&rsquo;environnement des Etats du Pacifique vuln\u00e9rables face au changement climatique. En 2019, inspir\u00e9s par cette initiative, une coalition d&rsquo;\u00e9tudiants en droit de l&rsquo;Universit\u00e9 du Pacifique Sud a mis en place une campagne visant \u00e0 porter la question de la justice climatique devant la Cour internationale de justice (CIJ). Le groupe d&rsquo;\u00e9tudiants a convaincu les leaders de l&rsquo;Etat insulaire du Vanuatu de pr\u00e9senter un projet de r\u00e9solution aux membres de l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations-Unis pour porter la question de la responsabilit\u00e9 climatique devant la CIJ. Ils travaillent aujourd&rsquo;hui pour rassembler le soutien des Etats au niveau international.<br \/>\n\u00c9milie Gaillard s&#8217;emploie notamment \u00e0 pr\u00e9senter la m\u00e9tamorphose des droits de l&rsquo;Homme vers une fondamentalisation du droit \u00e0 l&rsquo;environnement et un d\u00e9passement de la pens\u00e9e binaire entre les droits individuels et collectifs. Elle souligne enfin l&rsquo;int\u00e9r\u00eat et l&rsquo;efficacit\u00e9 des campagnes de lutte contre le changement climatique port\u00e9es par des jeunes plaignants.\n<hr \/>\n<p>[1] Ph\u00e9nom\u00e8ne entendu comme le d\u00e9couragement de l&rsquo;exercice des droits par la menace d&rsquo;une sanction l\u00e9gale.<\/p>\n<p>[2] Cour du District de La Haye, Fondation Urgenda contre Pays-Bas, 24 juin 2015<\/p>\n<p>[3] Cour du District de l&rsquo;Oregon (Etats-Unis),\u00a0<em>Kelsey Cascadia Rose Juliana et al. v. U.S. Government<\/em>, 12 ao\u00fbt 2015<\/p>\n\t<h3><strong>S\u00e9ance n\u00b02 du Cycle de s\u00e9minaires \u00ab L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire \u00bb du programme ANR PROCLIMEX et du programme ALCOM &#8211; M\u00e9tamorphose des responsabilit\u00e9s\u00a0: des entreprises multinationales au pr\u00e9toire<\/strong><\/h3>\n<p>Le 31 mai 2022<\/p>\n<p>Organis\u00e9 par la Professeure <strong>Christel COURNIL<\/strong>, ce s\u00e9minaire a r\u00e9uni six intervenants\u00a0: <strong>Luca D&rsquo;Ambrosio<\/strong>, Avocat et Chercheur associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Institut de recherche en droit international et europ\u00e9en de la Sorbonne\u00a0;\u00a0<strong>Paul Mougeolle<\/strong>, Doctorant en droit et juriste NAAT\u00a0; <strong>Cl\u00e9mentine Baldon<\/strong>, Avocate\u00a0; <strong>Clara Gonzalez<\/strong>, Juriste Greenpeace\u00a0; <strong>Jean-Marc Bonneville<\/strong>, Directeur de recherches CNRS, <strong>Matthias Petel<\/strong>, Doctorant en droit, Harvard Law School, Universit\u00e9 catholique de Louvain, FIDH.<\/p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" title=\"Session 2 - M\u00e9tamorphose des responsabilit\u00e9s : des entreprises multinationales au pr\u00e9toire\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/9k_ARtAsq3U?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n\t<h3><em>I.<\/em>\u00a0<strong><em>La vigilance des entreprises priv\u00e9es et l&rsquo;apport du proc\u00e8s Shell<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cadre de son intervention, le chercheur Luca D&rsquo;Ambrosio revient sur la notion de vigilance qui caract\u00e9rise une partie du contentieux climatique engag\u00e9 contre les entreprises en Europe[1]. Ce contentieux s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;approche de la responsabilit\u00e9-pr\u00e9vention, en opposition \u00e0 la responsabilit\u00e9-r\u00e9paration classique. Il existe \u00e9galement la responsabilit\u00e9-information, obligeant les entreprises \u00e0 communiquer et \u00e0 rendre compte de certaines de leurs actions.<\/p>\n<p>Dans son jugement rendu le 26 mai 2021, le Tribunal de la Haye prononce une injonction envers la soci\u00e9t\u00e9-m\u00e8re Royal Dutch Shell, l&rsquo;obligeant \u00e0 r\u00e9duire le volume annuel de ses \u00e9missions de CO2 li\u00e9es \u00e0 ses activit\u00e9s et produits \u00e0 hauteur de -45% en 2030 par rapport aux niveaux de 2019 et de -100% en 2050. Il s&rsquo;agit du premier jugement qui reconnait l&rsquo;obligation juridique d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e de r\u00e9duire ses \u00e9missions de CO2 dans le but d&rsquo;atteindre les objectifs de l&rsquo;Accord de Paris. Le fondement\u00a0principal de ce jugement est constitu\u00e9 de l&rsquo;obligation civile nationale de\u00a0<em>due diligence<\/em>\u00a0interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aune de la\u00a0<em>hard law<\/em>\u00a0et de la\u00a0<em>soft law<\/em>\u00a0internationales ainsi que de la th\u00e9orie de l&rsquo;horizontalisation indirecte des droits humains. Ces obligations concernent les activit\u00e9s directes de l&rsquo;entreprises mais \u00e9galement les risques d&rsquo;atteintes qui proc\u00e8dent des relations d&rsquo;affaires. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une solution progressiste dans la mesure o\u00f9 elle tend \u00e0 d\u00e9passer les fronti\u00e8res territoriales et juridiques de la responsabilit\u00e9. La d\u00e9cision\u00a0a ainsi permis d&rsquo;introduire une nouvelle\u00a0r\u00e8gle de la responsabilit\u00e9\u00a0dans l&rsquo;univers juridique \u00e0 travers une approche dite\u00a0<em>ex ante<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par la valorisation des obligations de pr\u00e9vention.<\/p>\n<h3><em>II.\u00a0<\/em><strong><em>Le cas de Total \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;affaire Shell<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cadre de son intervention sur l&rsquo;affaire Total[2], le doctorant et juriste Paul Mougeolle revient sur le contexte de l&rsquo;affaire Urgenda (2015)[3] \u00e0 l&rsquo;origine du mouvement mondial de justice climatique. Cette affaire a notamment permis de consacrer la notion de\u00a0<em>duty of care<\/em>\u00a0utilis\u00e9e par la suite dans l&rsquo;affaire\u00a0<em>Milieudefensie v. Shell<\/em>\u00a0(2021)[4]. \u00a0En France, une action a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en 2020 contre la multinationale Total, actrice majeure du d\u00e9veloppement des \u00e9nergies fossiles. Paul Mougeolle retrace alors le contexte du lobbying men\u00e9 par l&rsquo;entreprise qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant dans le cadre de la r\u00e9glementation nationale et internationale sur le r\u00e9chauffement climatique. Tandis que l&rsquo;action contre la soci\u00e9t\u00e9 Royal Dutch Shell s&rsquo;appuie sur le principe de due diligence, l&rsquo;action contre la soci\u00e9t\u00e9 Total s&rsquo;appuie sur le fondement du devoir de vigilance adopt\u00e9 par le l\u00e9gislateur en 2017[5]. Elle pr\u00e9voit l&rsquo;obligation pour les soci\u00e9t\u00e9s-m\u00e8res de mettre en place un plan de vigilance dans lequel elles doivent identifier et pr\u00e9venir les atteintes graves aux droits humains et \u00e0 l&rsquo;environnement (\u00e9tablissement d&rsquo;une cartographie des risques, mise en place d&rsquo;actions adapt\u00e9es d&rsquo;att\u00e9nuation des risques et de pr\u00e9vention des atteintes graves&#8230;).<\/p>\n<p>Elle s&rsquo;appuie \u00e9galement sur l&rsquo;obligation de vigilance environnementale d\u00e9duite des articles 1 et 2 de la Charte de l&rsquo;environnement par le Conseil constitutionnel et sur l&rsquo;article 1252 du code civil qui consacre le pr\u00e9judice \u00e9cologique. Les associations requ\u00e9rantes soulignent en filigrane l&rsquo;insuffisance des actions \u00e0 court terme, le manque de pro-activit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9, l&rsquo;inexactitude de sa communication et la possibilit\u00e9 de contournement des objectifs par l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<h3><em>III. L<strong>e greenwashing climatique : le recours contre Total<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>L&rsquo;avocate Cl\u00e9mentine Baldon et la juriste Greenpeace Clara Gonzalez pr\u00e9sentent l&rsquo;assignation d\u00e9pos\u00e9e contre Total le 2 mars 2022 par Greenpeace France, les Amis de la Terre et Notre Affaire \u00e0 Tous pour pratique commerciale trompeuse concernant la campagne de\u00a0<em>rebranding\u00a0<\/em>de TotalEnergie en date du 29 mai 2021. Dans le cadre de cette campagne, l&rsquo;entreprise exprime sa volont\u00e9 de transition \u00e9nerg\u00e9tique pour contribuer au d\u00e9veloppement durable de la plan\u00e8te face au d\u00e9fi climatique avec une r\u00e9f\u00e9rence explicite au concept de neutralit\u00e9 carbone pour 2050.<\/p>\n<p>L&rsquo;action entreprise par les associations contre Total visait alors trois all\u00e9gations principales\u00a0: l&rsquo;affichage de l&rsquo;ambition neutralit\u00e9 carbone d&rsquo;ici 2050, l&rsquo;impact climatique du gaz fossile et l&rsquo;impact climatique des biocarburants. Les fondements du recours s&rsquo;appuient sur du droit de la consommation. A la diff\u00e9rence de l&rsquo;affaire Shell, ce ne sont pas les strat\u00e9gies de l&rsquo;entreprise qui sont vis\u00e9es mais la communication qui en est faite au consommateur par le biais de pratiques commerciales trompeuses[6]. Cela inclut notamment les \u00ab\u00a0all\u00e9gations environnementales\u00a0\u00bb[7], commun\u00e9ment appel\u00e9es \u00ab\u00a0greenwashing\u00a0\u00bb. L&rsquo;action vise ainsi \u00e0 d\u00e9montrer que la campagne d&rsquo;affichage de la neutralit\u00e9 carbone d&rsquo;ici 2050 par Total constitue une pratique commerciale trompeuse qui d\u00e9tourne un concept scientifique non-mall\u00e9able de limitation du r\u00e9chauffement climatique \u00e0 1,5\u00b0C tel qu&rsquo;inscrit dans l&rsquo;Accord de Paris.<\/p>\n<h3><em><strong>IV.\u00a0<\/strong>L<strong>a plainte d&rsquo;un collectif de scientifiques devant le Jury de D\u00e9ontologie Publicitaire<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>La publicit\u00e9 fait l&rsquo;objet d&rsquo;un contr\u00f4le l\u00e9gislatif et d\u00e9ontologique (autorit\u00e9 de r\u00e9gulation professionnelle de la publicit\u00e9). Dans son intervention, le directeur de recherches au CNRS Jean-Marc Bonneville retrace le parcours d&rsquo;une plainte devant le Jury de D\u00e9ontologie Publicitaire : la plainte \u00ab\u00a0z\u00e9ro \u00e9mission\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3><em>V.\u00a0<strong>Pr\u00e9sentation des actions #SeeYouInCourt<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>Le doctorant en droit Matthias Petel pr\u00e9sente le projet des actions #SeeYouInCourt dans le monde en retra\u00e7ant les actions au Chili, en Colombie et en Equateur. Ce projet met en exergue l&rsquo;interd\u00e9pendance entre les droits humains et la lutte contre les changements climatiques dans une perspective de justice climatique. L&rsquo;intervenant revient \u00e9galement sur les enseignements tir\u00e9s de l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;action judiciaire en Equateur. Il souligne alors la n\u00e9cessit\u00e9 de faire le lien entre le langage scientifique traditionnel et les r\u00e9f\u00e9rents culturels autochtones, le risque de pression forte de la part de la multinationale pour diviser la communaut\u00e9 autochtone et obtenir l&rsquo;arr\u00eat des poursuites ainsi que la n\u00e9cessaire compr\u00e9hension des divisions au sein des communaut\u00e9s autochtones et l&rsquo;importance du combat extra-judiciair<strong>e.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>[1] Directive 2005\/29\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales d\u00e9loyales des entreprises vis-\u00e0-vis des consommateurs dans le march\u00e9 int\u00e9rieur [&#8230;]\u00a0; Article L. 121-1 et suivants du Code de la consommation<\/p>\n<p>[2] LOI n\u00b0 2021-1104 du 22 ao\u00fbt 2021 portant lutte contre le d\u00e9r\u00e8glement climatique et renforcement de la r\u00e9silience face \u00e0 ses effets<\/p>\n<p>[3]\u00a0<em>Tribunal<\/em>\u00a0judiciaire de Nanterre,\u00a0ord. JME,\u00a0<em>Notre Affaire \u00e0 Tous\u00a0et autres c\/ SE\u00a0Total<\/em>,\u00a0<em>11 f\u00e9vrier 2021, n\u00b0 20\/00915<\/em><\/p>\n<p>[4] Cour du District de La Haye, 24 juin 2015, Fondation Urgenda contre Pays-Bas<\/p>\n<p>[5] Tribunal de La Haye,\u00a0<em>Milieudefensie et al. c\/ RoyalDutch Shell<\/em>, 26 mai 2021<\/p>\n<p>[6] LOI n\u00b0 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des soci\u00e9t\u00e9s m\u00e8res et des entreprises donneuses d&rsquo;ordre<\/p>\n<p>[7] Tribunal de La Haye,\u00a0<em>Milieudefensie et al. c\/ RoyalDutch Shell<\/em>, 26 mai 2021<\/p>\n\t<h3><strong>S\u00e9ance n\u00b01 du Cycle de s\u00e9minaires \u00ab L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire \u00bb du programme ANR PROCLIMEX et du programme ALCOM &#8211; \u00ab Justice pour le vivant \u00bb, Fabrique du proc\u00e8s en responsabilit\u00e9 de l&rsquo;Etat en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9\u00a0<\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le 12 avril 2022,\u00a0s&rsquo;est ouvert le cycle de s\u00e9minaires \u00ab\u00a0L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire\u00a0\u00bb, dans le cadre du projet de recherche PROCLIMEX. Le cycle de s\u00e9minaire a d\u00e9but\u00e9 par une premi\u00e8re session intitul\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Justice pour le vivant &#8211; Fabrique du proc\u00e8s en responsabilit\u00e9 de l&rsquo;Etat en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb. Organis\u00e9 par la Professeure de droit public Christel COURNIL, ce s\u00e9minaire a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 dans le contexte in\u00e9dit d&rsquo;un recours introduit contre l&rsquo;Etat fran\u00e7ais pour manquement \u00e0 ses obligations de protection de la biodiversit\u00e9. Le recours a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 le 10 janvier 2022 par cinq associations de protection de l&rsquo;environnement devant le Tribunal administratif de Paris. Pour traiter du\u00a0\u00ab\u00a0recours biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb, la session a ainsi r\u00e9uni quatre intervenants dans cette affaire, Chlo\u00e9 Gerbier, juriste, membre de Notre affaire \u00e0 tous et co-pr\u00e9sidente de l&rsquo;association\u00a0Terres de Luttes,\u00a0Dorian Guinard,\u00a0maitre de conf\u00e9rences de droit public \u00e0 Sciences Po Grenoble, Barbara Berardi, responsable du P\u00f4le Pesticides de l&rsquo;association Pollinis et Julia Thibord, juriste en droit de l&rsquo;environnement.<\/p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" title=\"Session 1 Justice pour le vivant : Fabrique du proc\u00e8s en responsabilit\u00e9 de l'\u00c9tat \/ biodiversit\u00e9\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/yAhT3NzaVEg?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n\t<article id=\"post-1719\">\n<h3><strong><em>I. La fabrique du recours \u00ab biodiversit\u00e9 \u00bb apr\u00e8s le contentieux climatique<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cadre de son intervention, la juriste Chlo\u00e9 Gerbier revient sur une question centrale qui a anim\u00e9 les associations de protection de l&rsquo;environnement\u00a0: comment retenir la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;Etat en mati\u00e8re de protection de la biodiversit\u00e9\u00a0? En cause\u00a0: les multiples d\u00e9rogations au principe de protection de la biodiversit\u00e9, notamment dans le cadre de l&rsquo;usage des produits phytopharmaceutiques. Le \u00ab\u00a0recours biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb d\u00e9pos\u00e9 le 10 janvier 2022 s&rsquo;inscrit alors dans la m\u00eame strat\u00e9gie que celui de l&rsquo;Affaire du si\u00e8cle[1]\u00a0; il fait suite \u00e0 une demande pr\u00e9alable formul\u00e9e \u00e0 l&rsquo;encontre de l&rsquo;Etat pour exiger le respect de ses obligations en mati\u00e8re de protection de la biodiversit\u00e9. Dans le cadre de leur recours, les associations ont form\u00e9 une demande de r\u00e9paration en nature ainsi qu&rsquo;une demande de cessation de mise sur le march\u00e9 d&rsquo;une liste de produits identifi\u00e9e. En filigrane, elles invitent les pouvoirs publics \u00e0 revoir enti\u00e8rement le processus d&rsquo;autorisation de mise sur le march\u00e9 des produits phytopharmaceutiques. Sur le mod\u00e8le de l&rsquo;Affaire du si\u00e8cle, le recours correspond ainsi \u00e0 un recours hybride entre un recours pour exc\u00e8s de pouvoir et un recours en plein contentieux.<\/p>\n<h3><em><strong>II. La mise\u00a0en contexte du recours<\/strong>\u00a0<\/em><\/h3>\n<p>Dans le cadre de sa contribution, le maitre de conf\u00e9rences de droit public Dorian Guinard s&#8217;emploie en premier lieu \u00e0 dresser l&rsquo;\u00e9tat de la science concernant la menace qui p\u00e8se sur un certain nombre d&rsquo;esp\u00e8ces. En effet, sur les huit millions et demi d&rsquo;esp\u00e8ces recens\u00e9es, environ un million sont menac\u00e9es d&rsquo;extinction\u00a0; une disparition qui s&rsquo;observe sur des \u00e9chelles de temps tr\u00e8s r\u00e9duites et sans pr\u00e9c\u00e9dent. En second lieu, Dorian Guinard se penche sur la juridiciarisation des donn\u00e9es scientifiques par le \u00ab\u00a0recours biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb d\u00e9pos\u00e9 en janvier 2022. A l&rsquo;occasion de ce recours, il est avanc\u00e9 que l&rsquo;Etat n&rsquo;a pas prot\u00e9g\u00e9 la biodiversit\u00e9 car il n&rsquo;a pas mis en place les conditions n\u00e9cessaires d&rsquo;\u00e9valuation de la dangerosit\u00e9 d&rsquo;un certain nombre de produits. D&rsquo;une part, en effet, les \u00e9valuations men\u00e9es dans le cadre des autorisations de mise sur le march\u00e9 de ces produits sont souvent r\u00e9alis\u00e9es sur des esp\u00e8ces dites \u00ab\u00a0parapluies\u00a0\u00bb qui ne correspondent pas aux esp\u00e8ces majoritaires soumises \u00e0 ces produits dans la nature. D&rsquo;autre part, ces \u00e9valuations ne prennent pas en compte les effets dits \u00ab\u00a0cocktails\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;assemblage d&rsquo;autres substances avec la substance active autoris\u00e9e pour former le produit ou les effets des produits entre eux. A partir de l&rsquo;observation de telles carences dans les tests protocolaires, les associations tendent d&rsquo;une certaine mani\u00e8re \u00e0 produire une qualification juridique de l&rsquo;\u00e9tat de la science sur le sujet, de mani\u00e8re semblable \u00e0 l&rsquo;Affaire du si\u00e8cle.<\/p>\n<h3><em><strong>III. Les effets des pesticides sur le vivant, le cas des polinisateurs<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>L&rsquo;intervention de Barbara Berardi, Responsable du P\u00f4le Pesticides de l&rsquo;association Pollinis traduit \u00ab\u00a0les paradoxes d&rsquo;un r\u00e8glement protecteur qui ne prot\u00e8ge pas\u00a0\u00bb, en soulignant la n\u00e9cessit\u00e9 de faire \u00e9voluer le cadre r\u00e9glementaire de l&rsquo;\u00e9valuation du risque en particulier concernant les polinisateurs. Elle rappelle que les produits phytopharmaceutiques font, en principe, l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9glementation stricte dans le droit de l&rsquo;Union europ\u00e9enne par le biais du R\u00e8glement (CE) 1107\/2009 du 21 octobre 2009[2] concernant la mise sur le march\u00e9 des produits phytopharmaceutiques. Ce r\u00e8glement pr\u00e9conise une \u00e9valuation approfondie des risques environnementaux pour l&rsquo;autorisation d&rsquo;une substance dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne afin d&rsquo;atteindre un niveau \u00e9lev\u00e9 de protection de la sant\u00e9 et de l&rsquo;environnement face aux \u00ab\u00a0effets inacceptables\u00a0\u00bb des pesticides. Pour autant, la difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer un \u00ab effet inacceptable\u00a0\u00bb\u00a0pousse \u00e0 consid\u00e9rer que les objectifs d\u00e9finis par la l\u00e9gislation sont trop g\u00e9n\u00e9raux pour \u00eatre directement applicables. L&rsquo;association appelle ainsi \u00e0 les d\u00e9cliner en objectifs de protection sp\u00e9cifique inclus dans les lignes directrices europ\u00e9ennes.<\/p>\n<h3><strong><em>IV. Les arguments de droits port\u00e9s devant le juge administratif<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cadre de son intervention, la juriste en droit de l&rsquo;environnement Julia Thibord, rappelle les conditions d&rsquo;engagement de la responsabilit\u00e9 pour faute de l&rsquo;Etat devant le juge administratif qui encadrent le \u00ab\u00a0recours biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb, de la m\u00eame mani\u00e8re que dans l&rsquo;Affaire du si\u00e8cle. Ce recours en responsabilit\u00e9 est conditionn\u00e9 par la d\u00e9monstration de la carence de l&rsquo;Etat \u00e0 respecter ses obligations en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9valuation des effets des produits phytopharmaceutiques[3], la d\u00e9monstration du pr\u00e9judice \u00e9cologique[4] et celle du lien de causalit\u00e9 entre la faute et le pr\u00e9judice.<em>\u00a0<\/em>Le recours d\u00e9pos\u00e9 le 10 janvier 2022 a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 l&rsquo;appui de trois moyens. Le premier moyen repose sur la d\u00e9faillance des proc\u00e9dures d&rsquo;\u00e9valuation et d&rsquo;autorisation des produits phytopharmaceutiques. Le deuxi\u00e8me moyen traduit les carences fautives dans la mise en \u0153uvre des politiques de r\u00e9duction de l&rsquo;utilisation et des effets des produits phytopharmaceutiques, notamment le non-respect de la trajectoire que l&rsquo;Etat s&rsquo;est lui-m\u00eame fix\u00e9 \u00e0 travers les plans Ecophyto, dans une logique similaire \u00e0 la trajectoire de la strat\u00e9gie nationale bas carbone de l&rsquo;Affaire du si\u00e8cle. Le troisi\u00e8me moyen formul\u00e9 \u00e0 l&rsquo;appui du recours est fond\u00e9 sur les manquements de l&rsquo;Etat aux obligations internes et europ\u00e9ennes dans le domaine de l&rsquo;eau[5].<\/p>\n<hr \/>\nCe s\u00e9minaire a ainsi \u00e9t\u00e9 l&rsquo;occasion de comprendre les conditions et les enjeux qui entourent la formation du recours en responsabilit\u00e9 de l&rsquo;Etat en mati\u00e8re de protection de la biodiversit\u00e9. Inscrit dans une s\u00e9rie de strat\u00e9gies d\u00e9j\u00e0 mobilis\u00e9es dans le contentieux de l&rsquo;Affaire du si\u00e8cle, le <em>\u00ab\u00a0recours biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> du 10 janvier 2022 traduit tout particuli\u00e8rement la judiciarisation des expertises scientifiques en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9.\n<hr \/>\n<p>[1] TA Paris, 3 f\u00e9vrier 2021,\u00a0<em>Association Oxfam France et autres<\/em>, n\u00b0 1904967<\/p>\n<p>[2] R\u00e8glement n\u00b0 1107\/2009 du 21\/10\/09 concernant la mise sur le march\u00e9 des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79\/117\/CEE et 91\/414\/CEE du Conseil<\/p>\n<p>[3] R\u00e8glement n\u00b0 1107\/2009 du 21\/10\/09 concernant la mise sur le march\u00e9 des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79\/117\/CEE et 91\/414\/CEE du Conseil<em>\u00a0;\u00a0<\/em>CJUE, 1<sup>er\u00a0<\/sup>oct. 2019, aff. C-616\/17,\u00a0<em>Procureur de la R\u00e9publique c\/ Blaise e. a.\u00a0; Art. 191\u00a72, TFUE\u00a0; Art. 5, Charte de l&rsquo;environnement\u00a0; Art. L253-1, Code rural et de la p\u00eache maritime.<\/em><\/p>\n<p>[4] LOI n\u00b0 2016-1087 du 8 ao\u00fbt 2016 pour la reconqu\u00eate de la biodiversit\u00e9, de la nature et des paysages\u00a0; TA Paris, 3 f\u00e9vrier 2021,\u00a0<em>Association Oxfam France et autres<\/em>, n\u00b0 1904967<\/p>\n<p>[5] Directive n\u00b0 2000\/60\/CE du 23\/10\/00 \u00e9tablissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l&rsquo;eau\u00a0<em>; Art.L.210-1, Code de l&rsquo;environnement<\/em><\/p>\n<footer><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/6a892ee80060474829212db3dc13ba76?s=49&amp;d=blank&amp;r=g\" srcset=\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/6a892ee80060474829212db3dc13ba76?s=98&amp;d=blank&amp;r=g 2x\" alt=\"\" width=\"49\" height=\"49\" \/>Auteur<a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/author\/fouzialakhlef\">Fouzia Lakhlef<\/a>Publi\u00e9 le<a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/1719\" rel=\"bookmark\"><time datetime=\"2023-03-03T11:36:26+02:00\">03\/03\/2023<\/time><\/a>Cat\u00e9gories<a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/category\/evenements\" rel=\"category tag\">Ev\u00e8nements<\/a>,\u00a0<a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/category\/evenements\/seminaires\" rel=\"category tag\">S\u00e9minaires<\/a>\u00c9tiquettes<a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/tag\/biodiversite\" rel=\"tag\">biodiversit\u00e9<\/a>,\u00a0<a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/tag\/climat\" rel=\"tag\">climat<\/a>,\u00a0<a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/tag\/contentieux\" rel=\"tag\">contentieux<\/a><a href=\"https:\/\/proclimex.hypotheses.org\/1719#respond\">Laisser un commentairesur L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire, cycle de s\u00e9minaires<\/a><\/footer>\n<\/article>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Accueil &raquo; Les s\u00e9minaires Proclimex LES SEMINAIRES PROCLIMEX\/ALCOM S\u00e9ance n\u00b06 du Cycle de s\u00e9minaires \u00ab L&rsquo;urgence \u00e9cologique au pr\u00e9toire \u00bb du programme ANR PROCLIMEX et du programme ALCOM &#8211; Laboratoire d&rsquo;innovations juridiques: les proc\u00e8s climatiques d&rsquo;Am\u00e9rique du Sud\u00a0 Le 1er f\u00e9vrier 2023 de 15h30 \u00e0 18h30 avec : Fernanda de Salles Cavedon, Postdoctoral Fellow, Expert&hellip;<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"class_list":["post-32861","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Les s\u00e9minaires Proclimex - Mesopolhis<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/mesopolhis.fr\/en\/proclimex-seminars\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_GB\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Les s\u00e9minaires Proclimex - Mesopolhis\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Accueil &raquo; 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